Cheikh MC, rappeur de Moroni parmi les plus influents du continent indien et bête noire des autorités comoriennes.

À travers Cheikh MC, rappeur activiste de Moroni, et d’autres artistes citoyens, le festival du 9-3 braque les feux sur les Comores et poursuit son engagement culturel et social pour la paix.

Depuis vingt-sept ans, Africolor s’attache à mieux faire connaître la richesse des cultures africaines et leur implication dans la société. Il privilégie les étoiles qui illuminent l’art et la conscience, à l’instar de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara et ses textes sur la condition des femmes. Vu l’exigeante et heureuse programmation, on peut se pointer à n’importe quel concert, aucune déception n’affectera celui qui gardera l’esprit ouvert. Parmi nos coups de cœur, les créations d’Ann O’aro (maloya) et de la Sénégalaise Léontina Fall (folk africain), l’inédit concert afro-blues et le conte dansé du chorégraphe-musicien burkinabé Seydou Boro et, le 22 décembre à la Bellevilloise, la captivante nuit de solidarité, Africolor s’engage.

Le festival séquano-dionysien a beaucoup contribué à mettre en lumière l’africanité de l’océan Indien, héritée des esclaves. Le 28e Africolor enfonce le clou, en braquant les feux sur les Comores. De l’archipel, il fait venir Cheikh MC, leader jouant un rôle capital dans l’élaboration d’un rap comorien aussi bien que dans la mobilisation de la population sur des revendications essentielles. Succédant, sur scène, aux groupes Ewlade Leblade (exilé à Dakar à la suite de la répression perpétrée contre lui en Mauritanie) et Keur Gui (initiateur du mouvement sénégalais Y en a marre), Cheikh MC conclura l’exceptionnelle soirée Afrique debout (au Tamanoir, le 19, Gennevilliers).

Artistes militants

Cette dernière s’inscrit dans le cycle Afrique, révoltes citoyennes (du 19 au 22 novembre), qui se déroulera en quatre actes?: le 19, au Tamanoir, le concert précité (de 12 à 6 euros)?; ensuite, deux rencontres gratuites (sur réservation), proposant d’abord un débat sur le courant de vigilance Y en a marre (le 20, université Paris-Diderot), puis un colloque sur la politique de la rue en Afrique (les 21 et 22, à Sciences- Po)?; enfin, le 22, à Canal 93 (Bobigny), un concert en trois parties, intitulé « Lettre aux présidents » (de 10 à 8 euros). Ainsi, à Canal 93, le 22, se produiront Cheikh MC et d’autres artistes militants, le Congolais Lexxus Legal, les Ivoiriens Kajeem et Billy Billy, le Burkinabé Sams’K le Jah, catalyseur du mouvement Balai citoyen. Notons que la pratique tarifaire d’Africolor permet au plus grand nombre d’écouter des figures majeures de l’Afrique éveillée.

Cheikh MC a été emprisonné à plusieurs reprises, pour avoir encouragé et mené des manifestations, tagué des murs avec des appels au changement… En 2014, il a été libéré grâce à l’énorme mobilisation, soutenue en particulier par le rappeur Sultan. Avec son titre manifeste, Revolution, il jette un pavé dans la mare aux corrompus, tandis que dans l’émouvant Kutsi Wawetshe, extrait de son album Enfant du tiers-monde, il s’adresse aux enfants victimes d’abus sexuels. « Crie fort, appelle-nous / Partout où tu seras, nous te viendrons en aide », scande-t-il en chœur avec Dadiposlim, jeune chanteur de soul et world music qu’il a intégré à son label Watwaniya Production.

Le 9-3 comprend une importante communauté comorienne et mahoraise. Opérateur culturel au sein d’un projet de coopération décentralisée entre le conseil départemental de Seine-Saint-Denis et l’île Grande Comore (ou Ngazidja), Africolor fait rayonner et partage son expertise, en synergie avec des associations d’ici et de là-bas, et avec le centre culturel Mavuna de Moroni. Quand les Comores s’invitent au Festival d’Avignon, un excellent documentaire de Caroline Orsini qui narre l’épopée de Mavuna a été projeté en prélude au festival. Sébastien Lagrave, directeur d’Africolor, explique?: « Alors que les Comoriens établis à Mayotte affrontent des violences xénophobes et que la crispation sociale devient explosive, il s’agit de travailler culturellement à des circulations dans l’aire de l’océan Indien et à collaborer sur une richesse commune, la créolité. » L’édition 2017 d’Africolor concrétisera, par des résidences et actions culturelles, cet engagement au service de la paix.

Par FARA C. / Source : L’Humanité / Publié le 18 Novembre 2016





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